Historique du diocèse de Laval

 

Les pionniers de l'Évangile

Les débuts de la christianisation : les pionniers de l'Évangile

Les débuts de la christianisation dans l'espace qui constituera le diocèse de Laval remontent au IVe siècle ; la mémoire populaire retient surtout deux noms : saint Martin, l'évêque de Tours dont l'action missionnaire rayonne sur toute la Gaule, et saint Julien, le 1er évêque du Mans qui va à la rencontre des populations païennes de notre région. Par le témoignage de leur sainteté, des moines ermites poursuivent l'œuvre d'évangélisation : saint Fraimbault, saint Turibe, saint Cénery et beaucoup d'autres à qui sont attribués des légendes et miracles. Ces premiers évangélisateurs sont les saints patrons de nombreuses paroisses, quarante-neuf pour saint Martin dans le diocèse de Laval...

Les paroisses de l'actuel diocèse de Laval sont alors comprises soit dans le diocèse du Mans pour le nord et le centre de la Mayenne, soit dans le diocèse d'Angers pour le sud.


Ce que le chrétien retient d'une légende

Saint Julien et saint Turibe ont fait miraculeusement jaillir l'eau de la terre, l'eau, symbole de vie et de prospérité. L'un et l'autre détruisirent des " dragons " ou des " serpents " : manière imagée de dire qu'ils détruisirent le paganisme et apportèrent la " civilisation ". Notre moine manceau(1) s'est même laissé allé jusqu'à copier Sulpice(2) Sévère : son héros ressuscita deux personnes, tout comme le fit saint Martin. Et c'est là que notre esprit moderne et critique ne suit plus. Il était de bon ton, il y a peu encore, de se moquer de ces hagiographies hautes en couleurs, remplies de faits tous plus invraisemblables les uns que les autres, où l'irrationnel régnait en maître. C'était ne pas tenir compte de la mentalité des gens de ce temps : le réel avait moins d'importance que de nos jours, le symbole en avait plus. Martin, Julien et les autres étaient remplis de l'Esprit saint, ils ne pouvaient donc faire moins bien que leur Divin maître. Ces œuvres littéraires n'ont pas la prétention d'être des ouvrages d'érudition historique, mais des manifestations de foi, et tant mieux pour nous si elles ont aussi quelquefois une saveur poétique inégalable. Dans TROCHERIE Nicole, Histoire des Chrétiens en Mayenne, Tome 1, De la Préhistoire à la fin du Moyen Âge, Laval, Siloë, 1993, p. 41.


1- Sulpice Sévère est l'auteur de Vie de saint Martin.
2- Saint Julien.

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Le Moyen-Âge

Des églises au cœur des villages et des villes : l'expression de la foi des chrétiens du Moyen Âge

Dans la société médiévale, le cœur de toute communauté est l'église. De style roman, avec des dimensions modestes et l'équilibre de leurs volumes, les églises rurales sont propices au recueillement et à l'intimité avec Dieu. Quelques églises gothiques exaltent la lumière et incitent à l'élévation de l'âme vers le ciel.

Autour de l'église, la présence du cimetière traduit la communion des vivants et des morts.

La décoration des églises en fait des livres d'images, peintes ou sculptées ; par un art accessible au peuple, on y présente les mystères de la Foi ainsi que des épisodes de l'Évangile, et de la vie des saints.

Parmi les églises romanes du diocèse de Laval, citons Bannes, Grenoux, Avesnières pour leur architecture, Neau et Saint-Jean-Baptiste à Château-Gontier pour leurs fresques.

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historique moyen age
 

Les abbayes médiévales

Les abbayes médiévales : essor et déclin de la vie monastique

Au Moyen Âge, de grands monastères jalonnent le diocèse de Laval. L'abbaye d'Évron, fondée au VIIe siècle puis ruinée par les invasions, renaît aux environs de l'an mille et étend son influence sur le Bas-Maine ; les moines suivent le règle de saint Benoît en partageant leur temps entre les louanges de Dieu, la lecture et les activités manuelles.

Un ermite, Robert d'Arbrissel, fonde l'abbaye de La Roë en 1096 ; les cisterciens, en essor sous l'impulsion de Bernard de Clairvaux, s'implantent à Clermont et à Bellebranche (1152) puis à Fontaine-Daniel (1205) ; des fondations modestes, des prieurés, réunissent quelques moines.

Toutes ces communautés religieuses sont des centres intenses de vie spirituelle qui rayonnent sur les paroisses voisines. Cependant, au cours des siècles, des manquements et des dérives affectent les couvents et des réformes tentent de ramener les moines à la stricte observation de la règle.

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historique
 

Le XVIe siècle

XVIe siècle : des îlots de protestantisme et des combats fratricides

Une minorité de chrétiens du diocèse de Laval s'engage au XVIe siècle dans la voie d'une réforme qui nie l'autorité pontificale ; quelques pasteurs influents créent des noyaux de protestantisme, particulièrement dans la noblesse, à l'exemple de Renée de Rieux, dite Guyonne la Folle, comtesse de Laval de 1547 à 1567.

De 1562 à 1598, catholiques et protestants s'affrontent dans des combats dont les mobiles religieux sont difficiles à démêler des ambitions politiques et des enjeux sociaux. Plusieurs abbayes sont pillées ; en 1593, le combat de Port-Ringeard à Entrammes entraîne la mort de 104 Lavallois dont 4 ecclésiastiques.

Au XVIIe siècle, le protestantisme décline dans le diocèse de Laval ; le comte de Laval Guy XX abandonne la religion réformée en 1605 et meurt en croisade contre les Turcs ; l'église calviniste de Laval-Poligné connaît maintes difficultés pour survivre. La révocation de l'édit de Nantes en 1685 fait disparaître officiellement le culte protestant dans le diocèse de Laval.

Une comtesse protestante à Laval, Guyonne la Folle

Après la mort à vingt-six ans de Guy XVII en 1547, le comté de Laval passe à sa nièce Renée de Rieux. Elle a épousé en 1545 Louis de Sainte-Maure, marquis de Nesle et comte de Joigny, qui, selon la tradition de la maison de Laval, prend le nom de Guy XVIII [...]. Renée mène une vie tumultueuse qui la fait surnommer "Guyonne la Folle". L'incompatibilité d'humeur entre les deux époux est telle qu'ils vivent habituellement séparés [...].

Ne disposant pas d'informations sur la démarche spirituelle de Guyonne, on avance deux raisons pour expliquer son adhésion au calvinisme. Sa soeur, Claude de Rieux, est mariée à un chef du protestantisme français, François d'Andelot, le premier de la famille Châtillon à avoir adopté la Réforme. Ce dernier est le fondateur de l'église calviniste de Vitré qui, dès 1560, est pourvue d'un pasteur résidant.

En plus de l'influence familiale, un autre fait entérine probablement la rupture de Guyonne avec le catholicisme. Après un arrangement à propos de la gestion du comté de Laval, Louis de Sainte-Maure appelle sa femme auprès de lui. Comme elle refuse de venir, le comte de Laval la dénonce auprès du pape qui fulmine contre elle une sentence d'excommunication.

Proche d'une des plus grandes familles du Royaume, les Coligny, Guyonne est considérée, avec Louis de Condé, l'amiral de Coligny et François d'Andelot, comme instigatrice de la "poursuite de Meaux", en 1567, qui est une tentative des protestants pour saisir le roi Charles IX et la reine-mère Catherine de Médicis. Le parlement de Paris la condamne à avoir la tête tranchée, ses biens sont confisqués, ses armes sont attachées à la queue d'un cheval et traînées dans les rues de Paris. Cependant Guyonne n'est pas mise à mort, à cause de son dérangement mental, réel ou supposé, on ne sait pas.

Venue se réfugier à Laval, elle meurt quelques mois après, en décembre 1567. Son corps est enterré dans le choeur de Saint-Tugal, à Laval. Une comtesse protestante enterrée dans une église catholique ! C'est surprenant au milieu des guerres de religion. On n'a pas rompu avec la tradition qui fait de Saint-Tugal la nécropole de la maison de Laval ; ses convictions calvinistes sont peut-être fragiles et dues aux circonstances ; elle ne semble pas avoir fait de prosélytisme dans la ville de Laval et les autorités catholiques peuvent toujours invoquer une aliénation pour la disculper.

Dans CHEREL Gaston, Histoire des Chrétiens en Mayenne. Tome 2, De la Renaissance à la Révolution, Laval, Siloë, 1997, p. 52.

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Le XVIIe siècle

Les retables lavallois du XVIIe siècle : un message d'espérance

L'une des manifestations du renouveau catholique au XVIIe siècle dans le diocèse de Laval est l'embellissement des églises par l'érection de nombreux retables. Ces derniers constituent un décor triomphal d'architecture, de sculpture et de peinture pour honorer la présence réelle du Christ dans l'hostie du tabernacle.

Par la richesse de la décoration du retable, les artistes cherchent à agir sur la sensibilité des chrétiens de leur époque charmés par les belles cérémonies et les processions solennelles. Rehaussé d'ors et de couleurs, le retable forme un système d'images complémentaire du discours habituel de l'Église axé sur la peur de la mort et la crainte de l'enfer ; il fait participer un instant le peuple chrétien aux splendeurs annonciatrices du paradis et ouvre sur un au-delà merveilleux qu'il symbolise et préfigure. La prédication de la peur est couronnée par le retable de l'espérance.
Le retable du maître-autel de la Trinité

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xviieme
 

Les sœurs de la Charité

Les sœurs de la Charité : une nouvelle forme de vie consacrée

La création de communautés religieuses conformément à l'idéal monastique bénédictin ne répond pas totalement au XVIIe siècle aux besoins des populations pauvres et analphabètes. À l'exemple de la congrégation des Filles de la charité fondées en 1633 par Vincent de Paul et Louise de Marillac, les sœurs de La Chapelle-au-Riboul proposent une nouvelle forme d'engagement religieux en mettant l'accent sur l'apostolat par la charité et l'éducation des jeunes. Le dynamisme dont la société créée par Mme Thulard a fait preuve depuis sa fondation lui permet de survivre à la tourmente révolutionnaire et de devenir la congrégation des sœurs de la charité de Notre-Dame d'Évron.

D'autres associations de sœurs se consacrent aussi aux secours des malades et tiennent des " petites " écoles. La silhouette des sœurs sera familière aux Mayennais pendant trois siècles.

Les bons conseils de Mme Thulard

Les conseils donnés par la fondatrice aux sœurs pour les guider dans leur vie professionnelle sont pleins de bons sens et d'humanité. Chez les maîtresses d'école, deux qualités sont requises, l'affabilité et l'impartialité : "Elles recevront gracieusement toutes les jeunes filles qui se présentent pour être instruites. Elles auront pour toutes une égale charité et ne donneront de marques extérieures d'estime et d'affection qu'à celles qui se distinguent par leur sagesse et leur application à l'étude." Pour imposer le respect aux enfants, les sœurs doivent associer une bonne éducation et la gravité dans leur tenue : "Elles éviteront avec grand soin de se servir, en parlant aux enfants, de termes bas, grossiers, injurieux ou méprisants. Elles ne châtieront point par humeur, par impatience ou par colère. Un air grave et sérieux, mêlé de douceur et de modestie, contribue beaucoup plus à tenir les enfants dans le respect et dans le silence qu'un air farouche et impérieux, que les menaces, les paroles dures et les châtiments fréquents.

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historique Soeurs de la charité
 

1791

1791, le serment à la Constitution civile du clergé : la déchirure du clergé

Les catholiques du diocèse de Laval accueillent avec sympathie les premiers changements apportés par la Révolution française. Mais l'obligation pour les ecclésiastiques de prêter serment à la Constitution civile du clergé leur pose un grave problème de conscience : si les fondements spirituels du catholicisme ne sont pas atteints, les textes rédigés par une assemblée politique ignorent la mission du pape en tant que chef de l'Église universelle.

Presque la moitié des prêtres du diocèse de Laval, voulant concilier leur civisme et leur fidélité à Rome, prononce un serment avec restrictions qui sera considéré comme non valide par les autorités départementales. Le clergé se partage en deux groupes : le quart des prêtres font le serment demandé et sont appelés jureurs ou constitutionnels ; les autres, les réfractaires, doivent abandonner leur fonction et sont remplacés par des jureurs que le peuple surnomme intrus.

La plupart des chrétiens mayennais maintiennent leur confiance aux réfractaires ; en 1792,ces derniers doivent quitter le territoire français ; seuls quelques clandestins, au risque de leur vie, assurent un service pastoral minimal et administrent les sacrements.

Un serment restrictif des prêtres de Saint-Ouen-des-Toits (30 janvier 1791)

" Oui, mes très chers frères, nous allons jurer de soutenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le roi. Par là nous nous acquitterons du devoir de tout bon Français et tout bon patriote doit chérir. Nous réservons seulement les objets spirituels en ce qui concerne la foi ; par là nous remplirons la qualité de chrétien, nous prouvons notre attachement à la religion catholique, apostolique et romaine à laquelle nous devons vivre et mourir. [...]

En conséquence, nous jurons tous les trois devant Dieu et vous mes frères, comme pasteur, comme vicaire, de veiller avec soin sur les fidèles de cette paroisse qui nous est confiée, de regarder vos âmes aussi chères à notre cœur que les nôtres. Comme citoyen, nous jurons d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi, et de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le roi, en tout ce qui concerne le temporel. Comme chrétiens fermement attachés à la religion catholique, apostolique et romaine, nous déclarons que [en] ce qui concerne le régime spirituel de l'Église, nous ne reconnaissons d'autorité compétente que celle du Saint-Siège et des pasteurs légitimes. "

Dans TONNELIER Constant et DUBOIS Christine, En Mayenne aux heures de la Révolution, Laval, Siloë, 1989, p.78 -79. L'orthographe a été modernisée.

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21 janvier 1794

1794

21 janvier 1794, 14 prêtres sont guillotinés : les Martyrs de Laval

Fin 1792, les prêtres âgés ou infirmes ne pouvant être déportés sont emprisonnés dans le couvent des Cordeliers à Laval. En octobre 1793, au moment où les Vendéens approchent de Laval, certains d'entre eux sont évacués sur Chartres puis sur Rambouillet ; les autres, au nombre de quatorze, quittent leur prison le 21 janvier 1794 pour être présentés devant les juges de la Commission révolutionnaire. Sommés de prêter serment, ils refusent à l'image de René Ambroise : " Je veux bien obéir au gouvernement mais je ne veux pas renoncer à la religion " ou de Jean-Baptiste Trinquerie : " Ah ! vraiment non, citoyen ! Je serai fidèle à Jésus-Christ jusqu'au dernier soupir ".

Ils sont condamnés à mort et sont immédiatement guillotinés place de la Révolution (actuellement place de La Trémoille) à Laval.

Le 19 juin 1955, ils sont béatifiés par Pie XII. Avec deux autres prêtres, trois religieuses, deux appartenant à la congrégation des Sœurs de la Charité Notre-Dame d'Evron et une appartenant à la congrégation des Augustines Hospitalières de la Miséricorde de Jésus, et cinq laïcs, ils sont les Martyrs de la Foi en Mayenne.

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1855


1855 : Un évêché est créé à Laval

Demandée depuis le XVIIe siècle, la création d'un évêché à Laval est annoncée par la bulle de Pie IX en date du 30 juin 1855 ; l'église de la Trinité devient la cathédrale. Le diocèse de Laval, détaché de celui du Mans, correspond au département de la Mayenne. Le premier évêque de Laval, Mgr Casimir Wicart, met en place les structures indispensables à la vie d'un diocèse ; un grand séminaire est construit sur la colline de Beauregard à Laval ; le petit séminaire s'installe dans l'ancien couvent des Calvairiennes à Mayenne. Le nouveau pasteur visite son peuple : 373 841 habitants, 596 prêtres ; il donne une nouvelle impulsion aux maisons religieuses ; en vingt ans, il fait reconstruire une cinquantaine d'églises, de style néogothique. Le 20 janvier 1871, alors que les Prussiens arrivent à l'est de Laval, il fait le vœu de restaurer la tour et la flèche de l'église d'Avesnières si la ville est épargnée par les désastres de la guerre et tient sa promesse.

Les évêques du diocèse de Laval depuis sa création en 1855
Mgr WICART (1955-1876)
Mgr LE HARDY DU MARAIS (1876-1886)
Mgr MARECHAL (1887)
Mgr BOUGAUD (1889)
Mgr CLERET (1890-1895)
Mgr GEAY (1896-1904)
Mgr GRELLIER (1906-1936)
Mgr MARCADE (1926-1938)
Mgr RICHAUD (1938-1950)
Mgr ROUSSEAU (1950-1962)
Mgr GUILHEM (1962-1970)
Mgr CARRIERE (1970-1984)
Mgr BILLE (1984-1995)
Mgr MAILLARD (1996-2007)
Mgr SCHERRER (2008-)

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17 janvier 1871

17 janvier 1871 : Marie dans le ciel de Pontmain

Dans un climat d'angoisse et de détresse causé par la guerre de 1870-1871, la Vierge apparaît le soir du 17 janvier 1871 à quatre enfants de Pontmain, Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Jeanne-Marie Lebossé, Françoise Richer ; elle les réconforte par ce message :

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS MON FILS SE LAISSE TOUCHER

Dès que la nouvelle de l'apparition se répand, les chrétiens organisent des pèlerinages à la Vierge de Pontmain, Notre-Dame d'Espérance et Notre-Dame de la Prière. Une grande église et plusieurs services pastoraux accueillent les pèlerins.

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historique pontmain
 

L'Action catholique

L'Action catholique : une présence pastorale renouvelée

Pour évangéliser en pénétrant les différents milieux de vie, plusieurs mouvements d'action catholique spécialisée sont créés dans le diocèse de Laval, sous la responsabilité de l'évêque. Les décennies 1930, 1940, 1950 sont marquées par le succès de la JAC (Jeunesse agricole chrétienne), JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), Cœurs vaillants, Âmes vaillantes...

Ces mouvements développent un catholicisme de présence et de confiance dans le monde. Des liturgies adaptées rénovent le langage chrétien : expression en chœur parlé, fêtes du travail avec exposition d'outils décorés de différents métiers, fêtes de la moisson dans une église décorée de guirlandes de blé, de lierre...

Un autre visage du catholicisme

En 1937, Jacques Maritain écrivait, en parlant du peuple : " avant de lui faire du bien [...], on aura choisi d'exister avec lui et de souffrir avec lui... ". Faisant allusion au travail manuel, ouvrier et paysan, il ajoutait : " Pour que le peuple existe avec le Christ, il faut que les chrétiens existent avec le peuple ".

Il soulignait le rôle important d'un autre visage d'Église, donné par la naissance des mouvements spécialisés de jeunes : " Pour ne parler que de quelques réalisations particulièrement remarquables, la J.O.C., la J.A.C. existent avec le peuple, dans l'ordre de la vie temporelle et terrestre, de la vie de civilisation ".

Encore faut-il vérifier sur le terrain les déclarations du philosophe. La Mayenne n'est qu'un échantillon de ce renouvellement du catholicisme en France : la recomposition d'un autre univers religieux, déjà amorcée par l'A.C.J.F. (Action catholique de la jeunesse française), débordant les limites d'un département modeste par sa dimension géographique et démographique.

[...] Il en ressort, dans cette période des années 1930 à 1945, que la " christianisation de l'existence toute entière " (expression de Max Weber) ouvre les jeunes de la J.A.C. et de la J.O.C. à des prises de conscience des droits de l'homme, droits individuels et sociaux, les amenant à la valorisation de l'individu, à l'éveil à la solidarité et à un autre type de société.

Dans CHARLOT André, Une Église porteuse des droits de l'homme, Laval, Siloë, 1991, p. 3.

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Depuis les années 1960

Depuis les années 1960 : une adaptation permanente pour transmettre le même message

Après la Seconde guerre mondiale, la croissance urbaine impose la construction de nouveaux lieux de culte ; trois nouvelles églises sont construites dans l'agglomération lavalloise : Saint-Paul en 1963, Saint-Jean en 1965 et Sainte-Thérèse en 1970.

Si le concile Vatican II suscite un grand espoir chez les catholiques mayennais, les secousses culturelles des années 60 n'épargnent pas l'Église de Laval : tensions dans le clergé et chez les laïcs, retour à la vie laïque d'une trentaine de prêtres, ce qui, joint à la crise des vocations, réduit les effectifs du clergé et augmente l'âge moyen du prêtre du diocèse de Laval. De nouveaux comportements ont pour conséquence la diminution de la pratique religieuse régulière.

Sous l'impulsion des évêques de Laval, de nombreux changements assurent la poursuite de la Mission : association des laïcs à l'œuvre pastorale, regroupement de nombreux services dans la maison du diocèse, ordination de diacres permanents, création de 31 nouvelles paroisses.

Pour en savoir plus

ANGOT (Abbé A.), Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, 4 tomes, Laval, Goupil, 1900-1910, réimpression, Mayenne, Joseph Floch, 1975, 850, 842, 932 et 948 p.

BATARD (Chanoine A.), Les Martyrs de Laval pendant la Terreur, Laval, Goupil, 1925, réimpression, Cholet, Jean d'Orcival, 1994, 221 p.

CHARLOT André, Dans les années 1930, une Église porteuse des droits de l'homme ?, Laval, Siloë, 125 p.

CHEREL Gaston, Histoire des Chrétiens en Mayenne. Tome 2, De la Renaissance à la Révolution, Laval, Siloë, 1997, 193 p.

DENIS Michel, L'Église et la République en Mayenne, Paris, Klincksieck, 1967, 289 p. DEYRES Marcel, Maine roman, Zodiaque, 1985, 385 p.

ÉRAUD Dominique, de MAYNARD Diane, PERRIN Joël, SALBERT Jacques, Retables de la Mayenne, Images du patrimoine, 80 p.

GAUGAIN (Abbé Ferdinand), Histoire de la Révolution dans la Mayenne, Laval, 1918, réimpression, Mayenne, Imprimerie de la Manutention, 1989, 534, 587, 519 et 557 p.

Histoire religieuse du Maine, ouvrage collectif sous la direction de dom Guy-Marie OURY, Éditons C.L.D., Tours, 1978, 293 p.

LAURENTIN R. et Durand A., Pontmain, Histoire authentique, Paris, Apostolat des Éditions-Lethielleux, 1970, 193, 3 tomes, 189, 360 et 397 p.

SALBERT Jacques, Les ateliers de retabliers lavallois aux XVIIe et XVIIIe siècles : Étude artistique et historique, Paris, Klincksieck, 1976, 540 p.

TONNELIER Constant et DUBOIS Christine, En Mayenne aux heures de la Révolution, Laval, Siloë, 1989, 118 p.

TONNELIER Constant, L'histoire religieuse du diocèse de Laval, Paris, Téqui, 1993, 134 p.

TROCHERIE Nicole, Histoire des Chrétiens en Mayenne. Tome 1, De la Préhistoire à la fin du Moyen Âge, Laval, Siloë, 1993,103 p.

Plusieurs articles traitent de l'histoire religieuse du diocèse de Laval dans les Bulletins de la Commission historique et archéologique de la Mayenne (1878-1978) et les publications de la Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne (depuis 1979) ainsi que dans les numéros de l'Oribus (depuis 1980).

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